PUYOO:une amitié brisée pour un billet gagnat du PMU

12/2/2010

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Jeudi 11 Février 2010

JEUX. Les paris à plusieurs sont parfois à l'origine de différends. Exemple d'une histoire qui finit mal, à Puyoô

Orthez (64) : une amitié brisée pour un billet gagnant de PMU

Les tickets de PMU étant non nominatifs, le gain est toujours remis au porteur. (Photo A. C.)
Les tickets de PMU étant non nominatifs, le gain est toujours remis au porteur. (Photo A. C.)

Immoral, mais pas punissable, au regard du Code pénal. L'affaire suscite pourtant l'indignation, à Puyoô. Une amitié qui casse pour un ticket gagnant de PMU, il faut dire que ça « enquiquine », comme le dit Bénédicte, copropriétaire de l'Hôtel des voyageurs.

Tout commence la semaine dernière. Les deux protagonistes de l'affaire, Gérard et Antoine (1), deux retraités, sont accoudés au comptoir de l'Hôtel des voyageurs, comme ils le font « matin, midi et soir ». Et, comme tous les jours, ils défient la chance, en pariant sur les chevaux. Cette fois, ils convoquent les astres, en jouant la date de naissance d'Antoine. Selon des témoins, les deux hommes misent un euro chacun.

Des billets de Monopoly

La bonne étoile d'Antoine, faiblarde jusqu'ici - lui qui est « handicapé » et « qui n'a qu'une toute petite retraite » - commence à briller : les numéros chance sont ceux de sa date de naissance. Les deux parieurs remportent le Quinté dans le désordre. Résultat des courses : 2 000 euros dans la poche.

Une somme que les deux parieurs auraient dû partager, soutient-on à Puyoô. Seulement Bénédicte « a senti l'embrouille », quand elle a vu Gérard revenir à l'hôtel le lendemain, en soutenant qu'il n'avait pas validé le ticket gagnant. « Or il y a des témoins ici qui l'ont vu jouer avec Antoine », indique la copropriétaire de l'hôtel. Prise d'un doute, elle téléphone à son agence PMU pour tenter de savoir si le fameux ticket a, oui ou non, été validé. La réponse est affirmative.

Poussant un peu plus son enquête, Bénédicte apprend que la mise a été retirée dans les Landes : « là où habite la famille de Gérard », précise-t-elle.

Malgré les tentatives auprès de Gérard pour qu'il partage les gains, ce dernier ne revient pas sur sa version, selon laquelle il n'a pas joué les numéros gagnants avec Antoine.

Puis plus de nouvelles de Gérard, jusqu'à lundi : « Ce jour-là, j'ai reçu un courrier à l'hôtel. Au dos de la lettre, il était écrit : pour Antoine, de la part de Gérard. À l'intérieur, il y avait bien 1 000 euros, mais en billets de Monopoly », déplore Bénédicte. Cet ultime pied de nez irrite. « On a alerté les gendarmes, mais je ne vois pas quel recours on peut avoir, même si on a des témoins. C'est tellement vilain ! »

Rien au pénal

« Vilain », mais pas punissable au pénal. « On a beaucoup parlé de cette affaire entre collègues, indique-t-on à la gendarmerie de Puyoô. Mais ce n'est pas une infraction au pénal. Ce n'est même pas une escroquerie. C'est malhonnête, ce n'est pas franc mais, sur le plan pénal, il n'y a rien. »

Du côté de la Direction régionale du sud-ouest du PMU, on confirme l'absence de recours. « Le ticket est non nominatif, explique-t-on. C'est au porteur que la somme est versée. Nous ne sommes pas censés savoir que deux joueurs ont parié. Nous ne payons qu'à la personne porteuse du ticket. »

La direction indique toutefois que des dispositions sont « dans les tuyaux », pour les gains qui atteindraient une « certaine somme » - elle parle de 60 000 euros - pour répartir le gain entre les différents parieurs, lorsqu'ils déclarent avoir joué à plusieurs.

Certes, les 2 000 euros gagnés à Puyoô sont bien loin de ces 60 000 euros. « Mais pour Antoine, c'était une fortune », conclut Bénédicte.

(1) Pour respecter l'anonymat des deux retraités, leurs prénoms ont été modifiés.

Auteur : Aurélie Champagne
a.champagne@sudouest.com
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Comments

loubearn, le 28-01-2011 à 09:07:49 :

Le gain du PMU doit être partagé

La Cour de cassation a jugé le 14 janvier 2003 que "l'achat en commun d'un billet de loterie (ou de PMU) constitue une société en participation dont le partage des gains se fait au prorata de ce que chacun des joueurs a investi ; en achetant en commun un billet de loterie (ou de PMU), dont la nature même repose sur des chances de gain et des risques de perte, les joueurs ont manifesté leur volonté de s'associer pour un partage du coût et des gains éventuels".

A partir du moment où le joueur peut prouver, par témoignages ou faisceau d'indices, qu'il a participé pour moitié à la mise et que le ticket a bien été joué, l'autre joueur, détenteur du billet, sera condamné à lui verser la moitié de la somme gagnée, plus des dommages et intérêts. Il suffit de saisir le Juge de proximité d'Orthez (c'est gratuit et il n'y a pas besoin d'avocat). 


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