Le dossier, sous les feux de la rampe électorale depuis plusieurs mois, a inévitablement atterri sur la table des Verts du Béarn, fervents défenseurs du rail. « Évidemment, nous sommes pour le train », confirme Jean-Paul Duchon, secrétaire départemental des Verts.
Pour autant, la réflexion opère un léger décrochage par rapport à la position défendue par le collectif LGV-Orthez-oui : « Notre réflexion englobe le Béarn, l'Aquitaine et surtout l'écologie, poursuit Jean-Paul Duchon. Nous souhaitons qu'Orthez et Pau puissent avoir des moyens de communication ferroviaires faciles. Mais est-ce que ça veut dire qu'on doit avoir des LGV partout ? Sûrement pas. »
Fuite vers les métropoles
Les Verts opèrent également un virage à 180 degrés par rapport à la position soutenue par la Chambre de commerce et d'industrie : « Nous sommes en totale opposition avec eux, confirme Jean-Paul Duchon. Qui va utiliser une LGV reliant Pau à Bordeaux en 35 minutes ? Ça va vider le Béarn de sa substance. Ce n'est pas quelque chose qui va apporter de l'activité mais au contraire qui va la faire fuir vers les grandes métropoles. »
Alors que la LGV promet de réduire les temps de trajet à une poignée de minutes, les Verts considèrent que « la grande vitesse, c'est dépassé. » « Une gare LGV à Orthez, ça ne veut rien dire, lance Jean-Paul Duchon. Que les TGV arrivent à Orthez, nous sommes d'accord. Mais un train allant de Dax à Pau n'a pas le temps de prendre sa vitesse maximale s'il s'arrête à Orthez. »
Le parti donne la priorité aux TER, les mieux placés, selon les Verts, pour « maintenir la liaison » : « Pour le moment, la LGV arrive à Bordeaux, et filera vers Toulouse. On y voit un squelette qu'il faut irriguer par beaucoup de TER. On est pour une liaison rapide, fréquente et à l'heure, entre Pau et Bayonne. Il y a des retards et des conditions de trajet actuellement insupportables, même si des progrès ont été réalisés. »
La campagne a démarré
En attendant l'horizon 2020, probable décennie de mise en circulation de la LGV, les Verts se concentrent sur les échéances régionales. La campagne a démarré dans un état d'esprit positif : Jean-Paul Duchon a senti que « quelque chose s'était passé » lors des dernières élections européennes. Un score au parfum de succès et de rassemblement, qui fait aborder les prochaines échéances électorales dans la sérénité.
L'heure est aux groupes de travail, et à la « mise en place d'une politique pour l'Aquitaine. Site Internet (1) et appel lancé pour « gagner l'Aquitaine à l'écologie » accaparent les membres du parti. Samedi, le Capra (Comité d'animation et de pilotage de la Région Aquitaine) s'est réuni à Bordeaux : il représente « la diversité d'Europe Écologie : Verts, militants associatifs, syndicaux, altermondialistes, représentants des comités locaux d'Europe Écologie et personnalités engagées pour l'écologie s'y retrouvent. « Pendant la campagne d'Europe Écologie, on s'est reconnu. Se rassembler, c'est une aventure extraordinaire. »
Au niveau départemental, les idées des Verts sont « très précises ». Le parti doit faire avec une double parité : homme/femme mais aussi Béarn/Pays basque : « Avec les Basques, on est d'accord sur les grandes idées. L'idée fondamentale, c'est que les têtes de liste sont là pour incarner les idées du groupe. Ce n'est pas Mme Tartempion qui sera tête de liste, mais une personne qui portera les idées d'un groupe. » La tête de liste départementale sera dévoilée « sitôt qu'on se sera vu avec nos collègues du Pays basque ».
(1) http//bearn.lesverts.free.fr